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Robert LALOUE

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Robert LALOUE, fils de bourgeois aisés, doté de rentes substantielles, n'a jamais eu à vendre de son vivant ; il semble qu'il n'y tenait pas et n'a rien tenté pour se faire connaître. Nous avons à faire Ià à une oeuvre posthume d'une grande pureté et d'une intense fraîcheur avec la marque d'une évolution certaine au fil des ans. On sent parfois une influence pointillisme vers les années 1907, mais surtout I'influence des NABIS dans la composition plate parallèle sans perspective ; les tonalités douces d'abord, sont devenues plus intenses, d'un touche impressionniste.

Rarement, les œuvres identifient le lieu ou elles furent peintes, mais nous avons noté qu'il fut à Châteaudun en 1914, en Bretagne en 1915, Marseille, L'Île-d'Yeu en 1916, Fontaine de Vaucluse, Venise, Martigues et son canal, Toulon, Avignon, Corse, qu'il peint les orangers en Yougoslavie et qu'il sillonna, malgré son infirmité, les routes de France et les départements de I'Ardèche, Allier. Aude, Doubs, Isère. Marne, Oise, Tarn, Vendée virent se planter le chevalet de Robert LALOUE. L'ensemble de l'atelier représente 1924 aquarelles dont la taille maximum n'excède par 27 x 38 cm, toutes enregistrées et numérotées de 1 & 1924.


« Robert LALOUE est mon grand-oncle par la tranche paternelle.

Il a vu le jour au sein d'une famille de grande bourgeoisie fort aisée en 1880. II est l'ainé de 3 enfants.
Sa sœur cadette, Thérese, était ma grand-mère (1885-1933).
Le Puîné, que nous appelions "oncle Jean" ou tout simplement Jean était né douze ans après son frère Robert et lui, j'ai eu I'honneur de le côtoyer fréquemment jusqu'en 1967.

Je n'ai pas connu Robert LALOUE qui est décédé le 11 novembre 1929 alors que je suis né le 21 novembre 1930, et je n'avais que trois ans lorsque ma grand-mère nous a quitté, donc, de ce que j'ai pu apprendre de Robert, je le tiens essentiellement de Jean LALOUE, de mon frère et de ma mère qui était la seule personne de sexe féminin que I'artiste accueillait affectueusement dans son atelier lorsqu'il peignait. Il avait beaucoup de tendresse pour maman...

Que le lecteur se rassure... j'ai toujours oui-dire que Robert LALOUE était homosexuel !
II était fort courtois avec les femmes mais nourrissait, sans nul doute, à leur égard un certain complexe du au fait qu'étant jeune, il avait eu un accident l'ayant laissé estropié. En courant après un "transport en commun" il avait manqué" le marchepied et s'était brisé un genou en tombant sur la chaussée. Il s'agissait, bien entendu, d'un véhicule hippomobile mais les chevaux filaient déjà bon train. La chirurgie n'avait pas, à cette époque, fait les immenses progrès auxquels nous sommes aujourd'hui accoutumés et ce pauvre Robert a été condamné a boiter pour le restant de ses jours.

Je revois, comme s'il était encore devant mes yeux, le siège pliant composé d'un triangle de cuir dont chaque extrémité été reliée a un pied de bois solidaire des autres par un axe. Une lanière de cuir permettait a Robert de le porter à I'épaule lors de ses nombreux déplacements, car c'est assis sur ce trépied qu'il a peint toutes ses aquarelles en extérieur. Mon père gardait cet objet comme une précieuse relique.
Bien que décédé très jeune, quarante neuf ans, Robert LALOUE a peint deux mille aquarelles ; par contre, je n'ai connu que peu d'huiles exécutées par lui et toujours sur carton épais. Je ne crois pas qu'il ait jamais peint sur toile.

Je dois faire ici un aparté car Robert LALOUE était non seulement Artiste-peintre, mais également un musicien de talent.
Indépendamment des mélodies qu'il a composées, paroles et musique, il a écrit plusieurs opéras, opéras-ballets, drames lyriques dont certains : "Les Fantômes" représenté a l'Opéra de Marseille en 1914, "La Nuit Provençale" à l'opéra de Nîmes, ont connu un succès incontesté lors de leurs exécutions.
Parmi ses intimes dans le milieu musical, je citerai notamment Camille Saint-Saens qui terminait ses épîtres par la formule "votre bien affectionné", Georges Thill, Félix Litvinne... la liste serait trop longue et hors sujet puisque c'est de l'œuvre picturale de Robert LALOUE dont je dois vous entretenir dans ces quelques lignes que je lui consacre.

Si je dispose de la majeure partie des aquarelles peintes par mon grand-oncle, I'explication en est fort simple. Comme je l'ai dit plus haut, Robert LALOUE, qui n'a jamais quitté le toit familial sous lequel il n'éprouvait pas de besoins d'apports financiers extérieurs, en dehors de ses voyages, s'est toujours refusé a en vendre une seule.

Robert LALOUE, ainsi que ses frères et sœur, a vécu une grande partie de son existence dans la propriété familiale qui était situé 28 quai de Passy a Paris 16e. Quand je dis Paris.., en fait, a cette époque, Passy était presque la province, et si la demeure principale avait une façade sur le quai, la partie postérieure donnait sur un grand parc boisé. Je dispose d'une bonne vingtaine d'aquarelles immortalisant cette propriété remplacée, aujourd'hui, par des immeubles modernes, et de trois lithographies dont I'une comporte un détail aujourd'hui cocasse par I'anachronisme dont il témoigne, on peut y voir la maison, une partie du parc où picorent un coq et ses poules, et en plan reculé : la Tour Eiffel !

C'est la mort dans I'âme que la famille a du quitter ces lieux tant aimés pour aller s'installer dans un hôtel particulier, 7 square d'Alboni, à la suite d'une expropriation pour cause d'utilité publique... Eh oui, cela existait déjà ce type de spoliation laissant un gout d'amertume dans la bouche de ses victimes !
Maigre compensation pour Robert LALOUE, la configuration des lieux lui permit d'installer un nouvel atelier d'artiste... exposé au nord comme il se doit. C'est dans cette nouvelle demeure qu'il a rendu I'âme quelques années plus tard. Mon père m'a toujours laissé entendre que si Robert LALOUE avait été si prolifique dans le domaine de l'aquarelle et si peu en ce qui concernait la peinture a I'huile, c'était parce qu'il appréhendait d'éprouver de plus en plus de difficulté pour se déplacer et qu'il pouvait, dans ce cas, donner libre cours a cette nouvelle expression de son talent... en atelier.

J'ai été amené, sur ce point, a constater qu'il avait peint plusieurs aquarelles représentant le même site, sous des angles et des éclairages différents.
Je dispose de plusieurs carnets de dessins, exécutés au crayon gras le plus souvent. Certains de ces dessins ont constitué la basse d'aquarelles. Celles-ci ont-elles été peintes en atelier ou mon grand oncle est-il retourné sur place ? Je ne saurais le préciser. »

Gérard Guérin
Petit-neveu de Robert LALOUE

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